Les Amazones : un combat pour une vraie place dans l’histoire

Je n’ai pas la prétention d’écrire un article d’historienne ou d’universitaire. La mythologie et la Grèce antique me passionnent depuis plusieurs années. Ici, je donne simplement mon point de vue sur un sujet qui me tient à cœur, avec les connaissances acquises au cours de mes recherches.

L’article sera mis à jour en fonction de mes trouvailles. Si vous voulez approfondir le sujet de manière plus érudite, je vous invite à consulter en fin d’article les travaux des autrices Adrienne Mayor et Geneviève Pastre. Des ouvrages essentiels dans lesquels j’ai puisé beaucoup d’inspiration pour créer les héroïnes de ma saga de fantasy historique et lesbienne.

Qui sont vraiment les Amazones ? Les guerrières de la mythologie grecque ont-elles réellement existé ?

La frontière en mythe et réalité est floue. Les Amazones sont en bataille perpétuelle entre l’image fantasmée des légendes véhiculées par des auteurs très souvent masculins et les faits historiques. Mais l’Histoire n’est-elle pas écrite par les vainqueurs ?

Aux vues des recherches menées à ce jour, on sait que des tombes de guerrières antiques ont été retrouvées dans les régions d’Europe de l’Est. Et grâce à la science, on sait que des squelettes que les chercheurs croyaient appartenir à des hommes sont en réalité des restes de combattantes inhumées avec leurs armes (lances, pointes de flèches…) et parfois même avec leurs chevaux pour les plus éminentes d’entre elles.

Des clichés encore trop tenaces

1. Elles se coupaient le sein droit pour mieux tirer à l’arc. FAUX

Combien de fois l’avez-vous entendu ? Demandez donc aux archères olympiques si elles se mutilent ainsi pour obtenir de meilleures performances ! Ce cliché est le plus répandu et encore trop présent. Non, elles gardaient leur poitrine entière. D’ailleurs, bon nombre de représentations de l’antiquité grecque les montrent avec leurs deux seins (vases, coupes…). Ce cliché est donc apparu plus tard. Leur prêter cette coutume barbare est une façon de les diaboliser.

2. Elles étaient misandres et réduisaient les hommes en esclavage. FAUX

Une image très réductrice qui dénote une profonde méconnaissance de ces femmes.

Éclaircissons d’abord un point important sur l’image des guerrières dans l’Antiquité grecque. Pour l’homme de l’époque, elles représentaient l’extrême opposé du modèle imposé aux femmes. Elles en sont même à mille lieux. Loin des gynécées et des injonctions aux mariages forcés, libres, guerrières, émancipées de l’autorité masculine, elles sont l’envers de leur société patriarcale où les femmes doivent obéissance à leur père, frère et maris. Considérées comme contre nature, barbares (au sens « étranger » du terme), les Amazones sont à la fois source d’admiration et de peur pour les Grecs. Elles peuvent se mesurer aux plus grands de leurs héros (Héraclès, Thésée) et les affronter en égale, mais sont systématiquement vaincues, tuées.

Ces deux idées reçues balayées, voici quelques réponses à des questions courantes (et bien plus censées) sur les fières combattantes qui nourrissent tant de légendes et de mythes.

Où étaient situées les Amazones ?

Thémiscyre est la capitale fondée par Marpésia, leur reine fondatrice. Située en Anatolie (actuelle Turquie) sur les rives nord de la Mer Noire (ou Pont Euxin) elle est traversée par le fleuve du Thermodon. La région est fertile, montagneuse et couverte de plaines et de forêts.

Comment vivaient-elles ?

Société guerrière exclusivement composée de femmes, les Amazones vivaient entre elles avec pour dirigeante une reine élue ou désignée par les liens du sang. Entraînées dès leur plus jeune âge à l’équitation et au tir à l’arc, elles devenaient de redoutables guerrières.

Qui était leur reine ?

Plusieurs souveraines se sont succédées. Marpésia est la reine fondatrice. Sa fille Hippolyte a pris le relai du règne de Thémiscyre. Deux souveraines pouvaient régner de concert, l’une se chargeant des affaires du palais et l’autre de la gestion militaire des troupes.

Quelles batailles ont-elles menées ?

Les Amazones ont livré des batailles mémorables contre leurs ennemis de toujours : les Grecs. L’une des plus connues est la marche des cavalières sur Athènes.

Le conflit entre Amazones et Athéniens s’explique par un acte de guerre causé par les hommes : l’enlèvement de la princesse Antiope par le roi grec, Thésée.

Furieuse, sa sœur Hippolyte, la reine des Amazones part avec ses cavalières pour venger l’affront.

La mythologie se plaît à faire tomber les guerrières d’Hippolyte alors qu’elles assiègent l’Acropole d’Athènes (et à rendre la princesse Antiope amoureuse de son ravisseur), mais j’aime à imaginer une tout autre version dans ma série de romans. Après tout, la mythologie peut être réécrite à l’infini. On ne compte plus les différentes versions existantes sur tel ou tel épisode.

En tant qu’autrice lesbienne qui écrit sur les Amazones, je prolonge mon article sur un point, à mon sens, extrêmement important.

Les Amazones dans la culture lesbienne

Elles vivent entre femmes, refusent l’autorité des hommes. Elles montent à cheval, manient les armes, entendent protéger leur mode de vie. Guère étonnant que les lesbiennes s’identifient aux Amazones et voient en elles un symbole absolu de liberté féminine et d’amour saphique. Elles se retrouvent dans une identité culturelle et historique. Elles se tournent vers un passé possible où un peuple de femmes indépendant vivait avec ses propres codes. J’approfondirais ce thème dans un article consacré, car il y a beaucoup à dire sur le lien existant entre la culture saphique et l’héritage laissé par les Amazones.

Longtemps enfermées dans un mythe, à l’instar des Athéniennes à l’ombre des gynécées, les Amazones auront peut-être à l’avenir (enfin !) une véritable place dans l’Histoire.

Sources :

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